Prévenir les grossesses précoces pour éviter la fistule obstétricale

La fistule obstétricale est un passage ou un trou qui se crée entre la vessie et le vagin suite à un accouchement prolongé et sans assistance médicale appropriée. Ce passage ne permet pas à la femme de contrôler ses urines ou ses excréments, ou les deux à la fois. La fistule obstétricale occasionne également plusieurs problèmes de santé et peut détruire la vie d’une femme si elle n’est pas bien soignée à temps.

Cette incontinence et l’odeur d’urine et d’excrément constituent une humiliation permanente pour les femmes atteintes de fistule obstétricale. Par ailleurs, il arrive souvent que leurs bébés décèdent pendant l’accouchement, et dans la plupart des cas, elles sont abandonnées par leurs époux et leurs membres de famille.  En Afrique, certaines femmes sont accusées de sorcières ou d’être victimes d’un mauvais sort.

Les causes de la fistule obstétricale sont entre autres la pauvreté, l’analphabétisme, les mariages précoces, les grossesses précoces, les accouchements traditionnels.  En effet, les complications liées à la grossesse et à l’accouchement sont parmi les principales causes, entre autres de la fistule obstétricale et de décès chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans. Plus la mère est jeune, plus le risque d’avoir des complications au moment de l’accouchement est élevé, y compris la fistule obstétricale. Eviter les mariages et les grossesses précoces constituent donc l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir la fistule obstétricale.

Heureusement que la fistule se soigne et se guérit. Mais il y a un problème. L’opération de la fistule, estimée au Congo à près de 500 mille francs CFA, n’est pas à la portée de toutes les bourses. Car, la fistule obstétricale touche en particulier les femmes et les filles pauvres, vivant en  milieu rural et éloignées des hôpitaux offrant les soins de santé maternelle de qualité, notamment la césarienne. L’enquête démographique et de santé de 2011-2012 indique que près de 475 cas de fistule obstétricale y sont enregistrés chaque année au Congo. Mais cette donnée ne reflète pas la réalité à cause des difficultés d’identifier toutes les femmes souffrant de fistule obstétricales dont la majorité vit dans l’isolement.

Le Ministère de la santé et de la population du Congo a inscrit la lutte contre la fistule obstétricale parmi les priorités nationales. Le Congo met en œuvre le Projet de prise en charge gratuite de la fistule obstétricale depuis 2008, avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Une centaine de femmes sont déjà opérées et guéries et retrouvent une vie normale après plus d’une décennie de souffrance.